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Vous trouverez ici les techniques que nous utilisons pour prendre des photos d'orages. Au niveau de l'heure, bien que des orages puissent se produire à n'importe quelle heure de la journée, le plus facile est d'attendre la tombée de la nuit, voire la nuit complète, afin d'obtenir des temps de pose assez longs avec des ouvertures relativement faibles.

 
LES LIEUX D'OBSERVATIONS :
 

Il va sans dire que les meilleurs points de vue sont bien évidemment les belvédères. Bien qu'il puisse paraître dangereux d'être sur des hauteurs en cas d'orage, notre expérience fait que nous nous y rendons souvent sans crainte pour une simple et bonne raison : de tous nos belvédères adorés, il est très rare que nous ayons vu la foudre tomber sur les hauteurs, mais plutôt dans la plaine en dessous.

 

Si vous ne disposez pas de point de vue en hauteur (ou si vous avez peur), rien ne vous empêche de vous installer en plaine, mais vous aurez alors moins le contrôle sur la direction que prend l'orage. Depuis certains belvédères du Jura, nous avons une vue à pratiquement 150 ou 200km ! Ce qui permet de bien voir la direction prise par l'orage et s'il se rapproche.

 

Vous pouvez consulter la liste de nos spots jurassiens.

 
 
MATERIEL :
 

Au niveau du matériel, un point important. Il faut disposer d'un solide trépied et d'une télécommande. Un solide trépied car les poses seront de plusieurs secondes et surtout parce qu'un orage, même à quelques kilomètres, est toujours accompagné de vent, parfois violent. La télécommande sert à bloquer l'appareil en continu, ce qui permet de s'abriter dans une voiture ou dans un lieu sûr pendant que le ciel se déchaîne.

Au niveau du boîtier, c'est au choix. Le numérique est aujourd'hui bien démocratisé, et l'on trouve des boîtiers performants à des prix raisonnables. Mais rien ne vous empêche de shooter en argentique (diapo ou N&B), ce que nous faisons encore ! Le développement peut coûter cher, mais la diapo encaisse mieux la surexposition de l'éclair. Une autre chose à savoir si vous shootez en numérique : à force d'être exposé à des éclairs violents, il y a de fortes chances que le capteur subisse des dommages irréversibles. Le plus simple est donc de prendre de bons vieux boîtiers argentiques manuels (n'utilisant pas de piles). Mais comme beaucoup de photographes sont désormais équipés en numérique, nous ne nous attarderons pas plus sur le sujet. Dans tous les cas, ce qui est applicable au numérique l'est à l'argentique.

 

Dans la suite de cette page, nous utiliserons du numérique pour répondre au plus grand nombre d'entre vous.

Au niveau des optiques, nous utilisons surtout du grand angle (16 à 24mm) ou trans-standard (35 à 105mm). Si l'orage est lointain, à l'horizon, nous utilisons de plus grandes focales (135, 200, 300, 400, 600mm).

De nuit, il est parfois difficile de faire la mise au point, même en utilisant des optiques très lumineuses. Une astuce : régler la focale souhaitée et faire un cadrage succinct, faire la mise au point sur un lampadaire ou un point lumineux, mettre l'interrupteur AF sur «Manuel», recadrer définitivement, sans toucher à la focale. Et voilà !

 

Si vous disposez d'un reflex numérique avec une fonction de visée par l'écran, rien de plus facile puisque ces boitiers offrent souvent une fonction de zoom x10. Il est alors extrêmement facile de faire la MAP.

 
 
ESSAIS :
 

Etant donné que les temps de pose seront de plusieurs secondes, il est préférable d'activer la fonction de réduction du bruit, mais le temps de traitement sera alors doublé. Exemple, si la pose est de 15 secondes, la réduction du bruit durera sensiblement 15 secondes de plus, soit un temps d'attente de 30 secondes environ avant de visualiser le résultat. Il est donc important de procéder à des essais afin de ne pas perdre de temps.

Voici notre mode opératoire de test :

Réglage du mode de fichier sur RAW
Réglage de la balance des blancs sur «auto»
Désactivation du mode réduction du bruit
Sélection du mode de prise de vue manuel «Av»
Sélection d'une sensibilité de 200 iso
Sélection d'une ouverture de f8

Pression à mis course...

Suivant le temps d'exposition indiqué, nous réduisons ou augmentons certains paramètres. Par exemple, si le boîtier indique pour f8 une valeur de 2 secondes, nous fermons un peu plus le diaphragme afin d'obtenir une valeur d'au moins 4 secondes.

Généralement, si l'orage est proche et relativement actif, nous essayons d'obtenir des poses entre 15 et 30 secondes, rarement plus. Moins, c'est le risque que l'éclair tombe entre deux déclenchements, plus, c'est souvent une sensibilité réduite ou une ouverture très fermée, donc moins de chance d'obtenir de bons clichés.

En revanche, si l'orage est lointain et peu actif, il nous arrive de faire des poses de plusieurs minutes.

Parfois, même si un éclair est «tombé» devant l'objectif, il se peut qu'il n'apparaisse pas sur le cliché. Ceci est souvent le cas lorsque la nuit n'est pas totalement noire et que la différence de lumière entre l'éclair et le ciel est peu importante et que la sensibilité est faible.

Pas trop de solutions dans ce cas là, il faut attendre que la nuit tombe ou augmenter la sensibilité, mais alors, le temps de pose s'effondre parfois à moins d'une seconde, d'où le peu de chance de «prendre» un éclair.

La sensibilité est importante dans cette discipline, mais pour notre part, nous essayons de rarement dépasser les 400 iso (suivant les boitiers que nous utilisons), afin que les clichés soient exploitables en grand format. Nous commençons généralement à 125 iso (pas 50 ou 100, trop faible) et montons progressivement à 200 si la sensibilité n'est pas assez grande. Arrivés à 160 (ou 200), si cela n'est pas encore suffisant, nous ouvrons le diaphragme en passant de f8 à f5.6 par exemple.

 
 
PRISE DE VUE FINALE :
 
Une fois le temps de pose, l'ouverture et la sensibilité définis, réactivez la fonction de réduction du bruit et bloquez votre télécommande afin que les vues se suivent automatiquement (mode rafale). Ne reste plus qu'à attendre, bien au chaud et à l'abri dans la voiture !

Notez que la prise de vue en RAW doit être un réflexe. On peut rattraper ou corriger beaucoup de choses en RAW dans les photos d'orages...
 
 
SUIVI DE L'ORAGE :
 
Normalement, un orage se déplace régulièrement et les impacts tombent à intervalles réguliers. Il est donc assez facile d'imaginer où et quand va se produire la prochaine décharge. Ceci est très utile en cas de prise de vue en argentique car cela permet d'économiser de la pellicule. Par exemple, si sur 5 éclairs on note à chaque fois une attente de 20 secondes, il faut déclancher 15 secondes après l'éclair précédent afin d'être pratiquement sûr que la foudre tombe dans les 5 secondes qui suivent.

Mais pas de secret, l'expérience compte énormément. Il faut apprendre à savoir où cela va se passer et quand.
 
 
CONCLUSION :
 

La prise de vue d'orage est fascinante, mais il ne faut pas oublier la sécurité. Une chose est sûre, la photo d'orage permet de se rendre compte à quel point nous ne sommes rien sur cette terre, nous qui croyons régner en maître...

Attention également à la grêle ! Il ne faut pas chercher à jouer avec l'orage, à vouloir se rapprocher au plus près. De toute façon, ce ne sont pas forcement ces clichés les plus beaux, la pluie étant alors souvent de la partie et l'éclair pouvant se produire n'importe où autour de vous, et non devant l'appareil.

Attention aussi aux voitures. Bien que remplissant la fonction de cage de Faraday, elles ne sont pas sûres à 100%. Dans tous les cas, bien fermer les vitres !

 

L'embarcation de tout le matériel électronique peut changer certaines choses.

 

Pensez aussi à éteindre votre téléphone portable.